Qu’est-ce que l’estime de soi ? A quoi sert-elle ?

Qu’est-ce que l’estime de soi ? A quoi sert-elle ?

L’estime de soi est l’image positive ou négative que l’on a de soi-même et que l’on va renvoyer aux autres. Cette image n’est jamais figée. Elle bouge, évolue tout au long de notre vie ; en somme, elle se construit, elle n’est pas innée.

 

 

Pour connaitre son niveau d’estime de soi il y a quelques questions auxquelles nous nous confrontons souvent, inconsciemment ou non, décomposées en deux majeures : de quelle façon je me vois ? et est-ce que ce que je vois me plait ?

Ensuite, pour asseoir son point de vue, trois questions sont toujours présentes :

  1. Est-ce que j’aime la personne que je suis ? (C’est ce qu’on appelle l’amour de soi, c’est le côté affectif de l’estime de soi)
  2. Suis-je capable de réussir par moi-même ? (C’est le sentiment de compétence, de valeur, c’est la confiance en soi).  Suis-je capable de me projeter dans le futur, de créer, construire ? (C’est la vision de soi, un Soi idéal)
  3. L’estime de soi pourrait être assimilée à une sorte de jugement que l’on a de soi. Elle se construit très tôt dans notre enfance.

Elle repose sur quatre points :

La qualité de la relation que l’enfant entretient avec ses parents. Il est indéniable que nous nous évaluerons bien plus positivement si, enfant nous avons bénéficié d’un cadre rassurant, de regards bienveillants, d’encouragements et de confiance. En psychologie c’est ce qu’on nomme « les assises narcissiques ». C’est-à-dire que plus l’enfant aura bénéficié d’amour sécurisant de la part de ses parents, plus il développera une belle image de lui-même.

Le système éducatif dans lequel il évoluera (libéral, permissif ou autoritaire) acceptera et favorisera ou non l’acceptation de soi, et la confiance en soi de l’enfant.

L’école joue un rôle non négligeable. Le regard porté sur l’enfant par les adultes qu’il côtoie en classe, aux interclasses, à la cantine en garderie, sont loin d’être neutres.

Le discours que l’adulte portera à l’enfant sur ses compétences est également essentiel. Amener à sa connaissance ses point forts et ses faiblesses, puis, lui permettre de les accepter est important. Le parent doit être sincère et vrai. Nous connaissons tous des parents qui flattent excessivement leur enfant. Soyons justes. Si l’enfant a eu une bonne note ou a réussi à faire quelque chose qui lui semblait difficile, il faut le féliciter, lui dire combien il est magnifique. En revanche, si sa note est mauvaise, s’il échoue dans une entreprise, il faut lui dire qu’il est vrai qu’il n’a pas été bon, mais que faillir fait partie de l’apprentissage. Pour aider l’enfant à ne pas le laisser s’installer dans une mauvaise estime de soi, le parent l’accompagnera tranquillement à comprendre en quoi il n’a pas réussi. Il pointera ses points forts et ses points faibles et l’aidera à dépasser ces derniers. Ainsi, l’enfant progressera, ses parents le remarqueront et l’encourageront en le félicitant.  L’enfant, heureux gagnera en confiance, sortira de ses complexes, si certains étaient installés, il pourra ainsi rétablir une bonne estime de soi.

Le milieu social d’origine n’est pas en lien avec l’estime de soi. Définitivement, l’estime de soi se créé par l’affection et l’amour que nous aurons reçu dans notre enfance.

Au cours de son développement, l’enfant va se détacher de l’image que lui renvoyait les adultes qu’il côtoyait (parents, enseignants…) et aller vers de nouvelles expériences, de nouvelles relations. Il va gagner en autonomie, il va commencer à penser, par lui-même, à émettre des jugements parfois différents de ceux de ses parents. Le regard qu’il se portait va alors évoluer. Ce que peuvent penser les autres pourra toujours être influent mais infiniment moindre. Néanmoins, il sera à nouveau hypersensible et réceptif à l’image que l’adulte et son entourage lui renverra au moment de l’adolescence. Adulte, l’estime de soi est bien installée, mais, les expériences amoureuses, amicales, familiales, sociales et professionnelles continueront à la transformer.

Nous souffrons tous d’une mauvaise estime de soi, mais plus ou moins, suivant les personnes.

Il y a toujours quelque chose en nous qui ne nous convient pas, que ce soit sur un plan physique ou autre. Nous pouvons être complexés parce que l’on se sent trop gros, trop maigres, parce-que l’on n’aime pas son nez, ses seins, son ventre…. Ou bien, parce que nous n’osons pas chanter devant des gens, certains qu’on chante faux, parce que nous n’osons pas prendre la parole en public…parce qu’in fine, nous craignons le regard de l’Autre qu’on imagine que négatif. Plus nous attacherons de l’importance à ce qui nous fait défaut, à nos failles, plus nous serons en difficulté.

Avoir une bonne estime de soi est essentielle pour vivre, elle est même indispensable.

C’est elle qui va régir la qualité de nos interactions de nos relations dans notre milieu affectif, social, professionnel. Elle va nous aider à asseoir de meilleures relations et une meilleure réussite professionnelle.

Une personne qui la possède s’aime davantage, elle est globalement plus agréable à vivre.

Elle est plus tolérante avec elle et avec les autres, elle est plus aimante, plus gentille.

Une personne qui a une faible estime de soi a souvent développé un sens de la critique et non un sens critique. Elle sera donc dans la critique systématique, dans les reproches et dans le jugement à l’égard de l’Autre.

Sa très grande difficulté à se remettre en question l’amènera souvent à être impulsive, agressive voire colérique. Sa capacité très limitée à la frustration sera conséquente.

Une bonne estime de soi permet d’avoir un sentiment plus élevé de compétences.  Ainsi, celui qui en est doté, prendra plus de risques (toutefois mesurés), il entreprendra davantage. Se relever sera plus facile s’il trébuche, il gèrera mieux des situations de stress.

Il s’évaluera plus justement et objectivement et sera plus enclin à voir ses points forts et à reconnaitre ses points faibles. Il saura lâcher prise et ne sera pas rancunier.

La confiance en lui qu’il se portera sera bien présente

Il saura affirmer plus facilement ses envies, ses besoins, ses idées, ses opinions, même au risque de déplaire. Son grand art résidera dans le fait qu’il les posera lorsqu’il comprendra que l’Autre est disponible à les entendre. En effet, celui qui possède une bonne estime de soi est tourné vers les autres, intuitif, les antennes toujours dressées.

Dans un prochain article, je développerai bien davantage des caractéristiques propres à un manque d’estime de soi et vous amènerai des clés pour la développer.

Manuela Chambeyron