« La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême » Boris Cyrulnik

« La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême » Boris Cyrulnik

 

Tout est dit dans cette petite phrase. Non mais quelle complexité une famille !! Tant d’éléments interviennent dans sa construction.

On pourrait la comparer à un puzzle, où chacun doit trouver sa place et savoir la garder. Famille tantôt je t’aime, tantôt je te déteste. Lorsque je te déteste c’est parce que je t’aime trop, parce que je n’ai pas su me séparer de toi, parce que j’attends trop de toi, parce que je ne suis pas en autonomie, trop dépendant.

Les non-dits, les interprétations… parfois les secrets, faussent la donne. Ils nous enferment et finissent par nous peser. La famille étant un système composé de personnes qui interagissent les unes avec les autres, nous pouvons parfois en arriver à des situations conflictuelles où les mots vont dépasser notre pensée. La violence peut alors s’amplifier, jusqu’aux coups. Nous nous sentirons tristes, reclus, coupables, vulnérables.

Et puis Sunshine, il peut y avoir une embellie, on se parle alors de nouveau, on s’amuse, on rit, on se souvient, on se charrie gentiment, à priori en toute légèreté. Car en fait, si rien n’a été réglé sur le fond, la famille reprendra un rythme up and down, qui avec le temps peut laisser place à des rancœurs tenaces et des conflits délétères. Le havre de sécurité dont parle Boris Cyrulnik est possible, il nécessite de ne pas trop attendre dès lors que les problèmes pointent leur nez, que ce soit avec nos parents, nos enfants… Il n’y a pas de fatalité en la matière. Les bouddhistes parlement d’impermanence. Mais oui ! tout est toujours en mouvement, rien n’est acquis tout peut se modifier à tout moment.

Manuela Chambeyron